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Une conversation franche avec Mick Fanning, juste après l’annonce de sa retraite

1 mars 2018

Nous nous asseyons avec le triple Champion du Monde, qui a annoncé sa retraite la nuit dernière, pour parler des grands moments de sa carrière.

Dans la nuit du 28 février 2018, le triple Champion du Monde Mick Fanning a annoncé sa retraite du WSL World Championship Tour. Cette nuit marque la fin de l'une des carrières les plus remarquables de l'histoire du surf.

"C'est l'heure. J'ai décidé que le Rip Curl Pro Bells Beach serait mon dernier événement en tant que compétiteur à temps plein sur le World Surf League Championship Tour ", a-t-il écrit sur Instagram, révélant au monde son intention de mettre un terme à sa carrière sur le World Tour afin d’embarquer sur le prochain chapitre de sa vie. "Le Tour m'a énormément donné mais je pense qu'il est temps de me lancer dans de nouvelles aventures."

Nous avons eu le plaisir de retrouver Mick, dans les heures qui ont suivi son annonce...


Mick, quand as-tu vraiment commencé à sentir que tu arrivais à la fin de ta carrière?
J'ai commencé à penser à ça entre 2013 et 2014 et je me suis vraiment dit que j’allais m’arrêter à partir de 2015. J'ai toujours eu l'impression qu'il y avait des moments où je pouvais juste partir et être heureux. À la fin de 2015, j'étais épuisé. J'avais été dans la course au titre pendant trois années d'affilée et, de toute évidence, certaines choses ont surgi cette année-là, ce qui a eu un impact sur mon énergie et ma motivation. Mais décider de prendre six mois de congé n'était pas une réaction irréfléchie - c'était une décision vraiment effrayante, et il m'a fallu beaucoup de temps et de courage pour la prendre. Mais ça a vraiment payé. Une fois que j'ai commencé à partir et à faire ces différents voyages, en explorant différentes parties de ce que le surf signifie pour moi, j'ai trouvé cet autre côté beaucoup plus agréable et plus épanouissant. Ça m'a vraiment donné envie d'y aller et de continuer à fond dans ce côté-là. Mais je me battais alors aussi avec des pensées du genre «Est-ce que je suis allé trop vite, ou suis-je parti trop tard». Je parlais un peu avec Parko à la fin 2016 et il me répétait de revenir, et ça m'a motivé à nouveau. Cependant, très tôt dans la saison en 2017, je savais que le Tour n'était plus pour moi.

Tu avais pris la décision que 2017 allait être ta dernière année complète, mais tu n’as pas annoncé arrêter ta carrière à Pipeline, qui est la dernière épreuve de l’année. Pourquoi cette décision?

J'ai toujours pensé que mon dernier événement sur le circuit allait être Bells. C'est en fait là que j'ai commencé ma carrière, c'était ma première victoire en CT et je me sens vraiment à l'aise là-bas. Évidemment, la Gold Coast est incroyable, mais je ressens toujours beaucoup plus de pression chez moi - alors qu’à Bells, je peux m'échapper un peu plus, garder mes idées plus claires. Bells est l'endroit où je me sens vraiment connecté, et le fait que ce soit là où est basé Rip Curl a beaucoup joué aussi.

As-tu l’estomac noué à l’idée de surfer ces deux derniers événements?

Non, pas du tout! Tout au long de ma carrière, j’ai eu cette anxiété, mais pour être honnête, en 2017, cela ne s'est pas produit. Je me réveillais, je surfais et si ma board n'était pas à 100%, ça ne me faisait pas vraiment peur. J'ai passé l'année dernière en sachant que ça allait être ma dernière année à surfer sur chacun de ces spots, donc je me suis déjà retrouvé dans cette situation. Être à la maison, ça sera peut-être différent, je ne sais pas, mais je vais juste me concentrer sur mon surf et profiter du moment.

Tu as accompli tellement de choses incroyables en presque 20 ans de carrière. Qu’est ce qui te rend le plus fier ?

Pour moi, le plus important c’était de se donner à fond. Je voulais être sûr de donner le meilleur de moi-même, pour que quand je m’endors le soir je n’ai aucun regret. Les titres mondiaux et les victoires d’étapes sont incroyables, mais je crois que la chose qui a le plus résonné en moi était en 2015 quand j’ai gagné un quart de finale contre Kelly et tous mes meilleurs amis et ma famille étaient là. En surf, j'avais déjà tout gagné, mais à ce moment-là j'avais l'impression d'avoir vraiment gagné dans la vie, et c'était vraiment spécial.

Quelle est la meilleure série que tu aies disputée?

Il y en a eu tellement! Des séries dont dépendent des titres mondiaux, des finales…mais je pense que la meilleure était celle avec John John et Kelly. Les vagues étaient incroyables et pour moi, j'étais l'outsider. Nous avons tous fini par avoir de très bonnes vagues et je me suis retrouvé premier. Surfer contre le gars que j'avais toujours admiré et que j’avais toujours voulu battre, réussir à le battre et aussi battre le gars qui est sans doute le meilleur surfeur du monde en ce moment, dans ces conditions, c'était un très gros objectif que j’ai atteint.

Qu'en est-il de la série à Pipeline, en 2015, quand le titre mondial était en jeu - et tu venais d'apprendre les décès de ton frère. Il y avait tellement d'émotion, et c'était un Pipe gros et effrayant. Avais-tu déjà surfé une série aussi difficile que celle-là?

J’ai appris que mon frère était décédé plus tôt dans la matinée, et toute la pression que j’avais sur mes épaules a juste disparu, et c’est devenu juste une question d’aller surfer. Ce jour-là, j'avais juste confiance en moi, peu importe ce qui allait se passer, peu importe quelle vague allait arriver, j'avais juste confiance en moi et je savais qu'il veillait sur moi, alors j’y suis allé! Un jour normal j'aurais c***r dans mon pantalon, mais ce jour-là je pense que je n’avais jamais été aussi calme en compétition; Je savais juste que les vagues allaient venir, j'avais confiance en ma capacité à aller à l’eau en sachant que quoi qu'il arrive, il ferait attention à moi.

Si on regarde tes 16 années sur le Tour ... qui a été ton plus grand rival?

En tant que gamin de 19 ans, j'ai eu la chance de pouvoir rentrer sur le Tour avec certains de mes meilleurs amis - Joel Parkinson, Dean Morrison et Nathan Hedge. Etant un peu effronté, ou étant juste un gosse en fait, je voulais battre tout le monde! Je me souviens de la fois où j'ai surfé ma première série à Teahupo'o contre Kelly, j'ai ramé pour une vague, je l'ai ratée, puis j'ai ramé sur une autre et je l'ai vu se retourner pour y aller. N'importe quel autre jour je ne serais pas parti, mais parce que c’était Kelly, je me suis dit "tant pis, j’y vais!" C'était le 3 points le plus effrayant de ma vie, mais j'avais juste quelque chose contre Kelly. Rien de personnel, c'était juste que je voulais me mesurer au meilleur. Kelly a toujours été énorme - au début de ma carrière, nous nous battions mutuellement puis pendant un moment il a eu une période où il m'a absolument détruit, et je me grattais la tête en essayant de comprendre comment le battre. Puis vers la fin de ma carrière, surtout l'année dernière, j'ai pu surfer trois ou quatre fois contre lui, et avoir cette rivalité même si nous sommes tous deux des vieux maintenant était génial – c’est un mec qui me motivait vraiment quand je surfais contre lui. Andy Irons c’était encore autre chose; il était le gars que je ne pouvais absolument jamais battre. Chaque fois que vous pensiez l'avoir, il revenait et vous détruisait; Sa volonté et son désir de gagner étaient incomparables. Mais ma plus grande rivalité aura probablement été avec Parko. C’était celui qui me faisait me préparer le plus. Depuis que nous avions 13 ans nous étions en compétition en juniors, puis pour les titres d'Etat et les titres nationaux australiens. Il était le gars que j'ai toujours voulu battre. Encore à ce jour, si nous sommes dans une série ensemble, je vais tout faire pour gagner!

Qu'attends-tu de la vie loin du Tour?

Le plus grand défi qui m’attend après mon départ du Tour sera de réapprendre à vivre loin de cet environnement. J'ai eu récemment une conversation avec John John et il m'a dit: «Tu as peur?» Et j'ai dit: «Oui, mais c'est juste une étape à passer.» C'est comme quand tu arrives sur le Tour au début, ce monde s'ouvre à toi et tu apprends plein de choses. Tout est nouveau et excitant. Je ne sais pas exactement ce qui va se passer; Tout ce que je sais, c'est que je vais faire du surf, je vais explorer et je vais essayer de trouver des vagues incroyables. Mais je vais aussi en apprendre sur moi-même, car au lieu d'avoir un calendrier dictant où je dois être toute l'année, je dois en créer un pour moi-même, ou être concentré sur différentes choses dans la vie - et pour moi, c'est vraiment excitant.

En tant que compétiteur, comment aimerais-tu qu'on se souvienne de toi?

En fait je voulais juste tout donner; Je n'ai jamais voulu rien laisser de côté. Les gens sont assis là et ils disent à quel point je suis concentré etc… mais pour moi, c’est plus de la préparation. Je n'étais pas le surfeur le plus talentueux par rapport aux autres, mais je savais ce que je devais faire pour atteindre un niveau de performance afin de rivaliser avec les meilleurs du monde. Peut-être que c'est ça, que j'ai toujours tout donné. Si les gens se souviennent de moi comme ça, c'est génial. Mais une autre chose qui a été importante pour moi, c'est que j'ai toujours voulu être un bon sportif. L'esprit sportif a toujours été une grande chose pour moi. Je me souviens quand j’étais gamin, j’avais environ 13 ans, j'ai très mal surfé et j'ai perdu une série. J’ai jeté ma planche au sol et ma mère m’a mis une claque derrière la tête en disant: "Si tu continues comme ça, je te ramènerai plus jamais à la plage." À ce moment-là, j'ai pris la décision de serrer la main de mes concurrents et d'être honnête. Jouer selon les règles. J'ai toujours voulu montrer un bon esprit sportif.

En 2017, ta dernière année complète sur le Tour, tu as décroché le haut du tableau, mais évidemment tu as eu une place de choix pour regarder la course au titre. Que penses-tu de l'état actuel du surf professionnel?

En 2017, je devais être au premier rang et être le meilleur fan du monde. C'était incroyable. L'état actuel du surf en ce moment est au-delà de nos espérances, quand on voit où était le Tour il y a 17 ans et où il est maintenant. Vous avez des gars comme John John Florence, Filipe Toledo et Gabriel Medina qui font des choses que si vous vous disiez que ça allait arriver il y a 20 ans, tout le monde aurait dit "arrête la drogue". J'ai eu la chance d'être aux premières loges pour voir Julian Wilson remporter Tahiti, et ce fut un grand moment pour moi en 2017. La WSL a fait un travail incroyable en créant un Tour extrêmement professionnel et l'une des meilleures organisations sur Terre. Je suis vraiment excité de voir vers où ça ira, mais je n'essaierai probablement jamais les manœuvres qu'ils font, parce que j'aime mes genoux et mes chevilles! Même si je ne serais plus sur le tour, je vais encore regarder les séries que je veux, et regarder les surfeurs que je veux regarder. Je serai toujours le fan # 1.

Nous avons beaucoup parlé de grosses séries et de moments spéciaux - mais résumons. Tu as remporté trois titres mondiaux, remporté 22 CT et parcouru le monde à temps plein pendant 16 ans. Était-ce aussi incroyable que ça en a l’air ?

Ça a été tellement amusant. Ce sont des montagnes russes - vous avez vos pics et vos creux - mais quand je revois le temps que j’ai passé sur le Tour, ce sont les souvenirs incroyables qui comptent le plus - de ma préparation à mes victoires, les célébrations avec les amis et juste voir des endroits que je n'aurais jamais cru voir. Je n'avais jamais pris l’avion jusqu’à l'âge de 13 ans, du coup, maintenant, je ne peux plus en sortir ! Tellement de souvenirs incroyables, d'endroits incroyables, avec des gens que je chéris vraiment. C'est la chose que je vais emporter avec moi. Ce sont ces souvenirs qui dureront pour toujours. Ils ressortiront autour d’une bière, et ces histoires me mettront toujours un sourire sur le visage. Félicitations et merci Mick pour ta carrière incroyable.

Félicitations et merci Mick pour ta carrière incroyable. #CheersMick

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